Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /Juil /2008 16:50



Bonjour, le nouveau blog sur lequel nous vous demandons de participer est à l'adresse suivante :

http://www.nationalisation-langues-de-france.net/

 


 

Deux courants de pensée antagonistes se trouvent objectivement alliées pour faire que l'État se désengage de toute responsabilité quant aux langues/cultures indigènes de son territoire, et prônent l'idée que c'est aux régions seules de s'en occuper :

         1) l'idéologie française régnante, celle du centralisme et de l'unitarisme, qui croit ainsi se débarrasser du problème ; cette idéologie, qui organise et donne ses contenus à la culture française depuis plus de cinq siècles, à tel point qu'on ne la voit plus et qu'on la prend pour la nature des choses, commence à décliner face à la montée du démocratisme et du pluralisme mais, se faisant par ailleurs la championne de valeurs (unité, égalité, laïcité, solidarité) auxquelles sont attachés les Français, elle peut longtemps encore prolonger son règne ;

         2) l'idéologie des militants régionalistes ou nationalitaires, politiques ou culturels,  désireux de prendre la France en sandwich entre l'Europe et les régions, voire, pour certains, désireux de constituer des région/états autonomes ; ces régionalistes s'appuient sur un juste constat, celui du multiséculaire mépris de l'idéologie française pour les langues/cultures indigènes de France (et au-delà pour les accents et tout ce qui sort du moule), et défendent des valeurs (démocratie, pluralisme) auxquelles les Français s'attachent de plus en plus.

 

Les uns nient, au nom de l'unité nationale, toute pluralité culturelle interne (vantant la « diversité » pour le reste du monde) ; les autres, au nom de la « diversité » culturelle, en viennent à remettre en cause la solidarité nationale. Les uns et les autres ont quelques chose en commun : ils confondent l'ordre culturel et l'ordre politique (« une nation, une langue ») (comme autrefois « un royaume, une religion »), et savent si peu ce que la langue est à la pensée qu'ils placent la culture et les œuvres derrière la langue de communication. Leur débat occupe tout l'espace, comme s'il n'y avait pas d'autre voie.

 

Il y a une autre voie : la meilleure. Pour la connaître, il suffit d'écouter le peuple français : il veut l'unité politique, il veut la pluralité culturelle. Et cette volonté – que lui donne son intuition – retrouve l'argumentation des esprits les plus éclairés en ce domaine :

         -        les langues/cultures indigènes de France ont participé de façon déterminante à la construction de la langue/culture française, de la pensée française, de l'identité française ; sans éducation aux langues/cultures indigènes, on comprend mal la langue/culture française, on ne comprend rien à ce qu'est la pensée et l'identité française.

         -        non seulement la langue/culture/identité française est, ainsi, mal comprise, mais elle est condamnée au déclin si meurent les langues/cultures indigènes. Car le déclin actuel de la culture française ne vient pas d'attaques extérieures, comme se plaisent à penser les idéologues (« c'est la faute à l'autre »), mais du fait qu'elle a de moins en moins d'affluents intérieurs, parce que le centralisme a toujours essayé – réussissant en partie – d'éradiquer tout esprit d'initiative ou d'entreprise qui ne partent pas de son nombril et, partant, de tuer toute émulation. Sans les langues/cultures indigènes, sans réservoir d'inventions issues d'ailleurs internes, c'est-à-dire sans le peuple dans sa pluralité, la culture française se retrouve, avec ses cocoricos subventionnés (élitisme) et ses mythes cocardiers (populisme, nationalisme), désarmée face au mouvement du monde ;

         -        inversement, la langue/culture française a marqué indélébilement de ses œuvres, de ses valeurs, toutes les langues/cultures indigènes de France, et on ne comprend rien à leur histoire si on ne connaît pas ce rôle de la langue/culture française ;

         -        mais il y a plus : sans conscience de la nature de leur relation avec la culture française, sans projet de relation avec elle, ces langues/cultures sont sans avenir : on peut le voir dans les utopies des tenants de la « diversité » et du régionalisme, où ces langues/cultures, coupées de leur histoire qui est à la fois celle de leur négation par l'unitarisme et de leur affirmation (voire leur éclosion) contre ce même unitarisme, se retrouvent sans emploi alors que leur mission essentielle,  celle qui les a fait renaître voire naître, celle pour laquelle elles sont les mieux armées (et seules à être armées), est justement de guérir la France de sa maladie centraliste/unitariste, en tournant contre cette maladie les valeurs républicaines que la France leur a apprises et en les re-inventant : décentralisation et pluralisme culturel, pour plus de démocratie et plus de république.

 

C'est par leurs œuvres visant à transformer ainsi la France (critique de l'histoire officielle – nationaliste - non pour la remplacer par un petit nationalisme inverse, mais pour servir à la pensée d'une nouvelle épistémologie de la science historique ; critique de la linguistique établie pour servir à une nouvelle pensée de ce qu'est une langue, de ce qu'est le langage, etc. etc.) que ces langues/cultures s'inventeront un avenir. C'est en libérant tous les français  du centralisme, c'est en libérant toute la culture française de son carcan unitariste qu'elles se trouveront elles-mêmes.

 

Notre proposition de nationalisation des langues/cultures de France sort de ce raisonnement et n'a qu'une ambition : faire que plus personne n'ignore ces mouvements de l'histoire et n'en ignore les enjeux. L'État est donc concerné au premier chef.

Sa mission :

  1. organiser une éducation pour tous les Français à toutes les langues/cultures indigènes de France. Ce qui renforcera la solidarité nationale.
  2. organiser, contre la « diversité culturelle » (chacun sa petite langue/culture dans son coin, dans sa « communauté »), l'aventure de la pluralité culturelle (émulation entre les œuvres) qui, libérant toutes les imaginations, mobilisera tous les Français dans l'invention d'un avenir commun.


 

* Nous n'abordons pas dans cette présentation le problème des langues de France dites « minoritaires » (c'est-à- dire les langues étrangères minorisées ou sans statut dans leur pays d'origine – romani chib, arménien occidental, yiddish, berbères, arabes parlés-) qui, globalement, sont concernés de la même façon. Nous l'aborderons dans la discussion.



 

Par Carrefour Culturel Arnaud Bernard - Publié dans : Proposition de nationalisation des langues/culture
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Commentaires

Adiussiatz, Je n'adhère pas du tout à l'idée de nationalisation des langues de l'état français, au moment où la défense de ces langues rencontre un écho grandissant tant auprès du peuple occitan que de ses collectivités locales, il y a là un vrai combat d'arrière garde que de demander à un Etat de prendre en compte des langues qu'il continue de combattre. C'est de plus se faire beaucoup d'illusions au moment où il dénationalise l'ensemble de ses services publics. Vous pouvez rêver d'une République qui n'a jamais existé mais vous ne tromperez plus le peuple des pays occitans. Visca l'Euròpa, l'Autonomía e la solidaritat ! N'ayons pas peur de nous émanciper.
Commentaire n°1 posté par Remèsi du Partit Occitan le 18/07/2008 à 00h07
Adieussiatz, Personnellement etant un sang-mesclé (ariegeois par mon pere, aranes et catalan par ma mere, je n'ai jamais considéré mes langues (catalan et occitan) comme des langues "de france" (d'Europe, du monde oui mais de france non), qui plus est je note une fois de plus que tu n'as toujours pas pris la peine d'ouvrir le Petit Robert pour y chercher la différence entre Etat et Nation, ce que tu nous proposes est en effet une etatisation et non une nationalisation des langues minorisees, un moyen de couper un peu plus les langues minorisées des parties de leurs territoires qui sont hors etat français. Personnellement, je ne me sens pas français (ça pourrait venir si on m'en donne envie, pas si on reste dans ce système ou si on ne se reconnait pas dans une histoire de "sang impur qui abreuve les sillons" on commet un crime de lese-république) mais je ne vois pas qui je serais pour prétendre aller rendre les français "plus intelligents", Occitania a toujours ete ouverte aux echanges, je suis personellement pret a echanger pas à me vendre, et la je ne te cache pas Claudi, que j'ai l'impression que ça sent plus le "on vend le pays a l'etat français" (dans l'espoir de quoi, toucher quelques dardenas, quemander une legitimite qui nous est due (tu m'excuseras mais moi le cote patrimoine de l'etat français, du haut de mes 31 ans je me sens un peu jeune pour prendre la poussiere), je n'en ai pas la reponse mais j'espere que tu feras suffisament preuve d'honnetete intellectuelle pour nous le dire un jour. Amistats
Commentaire n°2 posté par Cedric Rousseu, Jornaliste en lenga occitana le 18/07/2008 à 11h28
Bonjour, et merci de m'avoir fait passer ces textes. Je suis fondamentalement et absolument d'accord avec cette proposition. Enfin, ce que je sentais confusément et qui m'énervait depuis un certain temps, est clairement et magnifiquement formulé. Prête à la soutenir ! A bientôt amitiés Anne Brenon
Commentaire n°3 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h38
Bonjour Je salue bien sûr les termes de cet entretien, pour le reste, j'attendrais, avant de me réjouir, de savoir comment tourne cette affaire de révision constitutionnelle (tu as vu la réaction de l'Académie, qui ne perd décidément jamais une occasion de dire une sottise, et celle du Sénat...) En revanche, j'adhère avec enthousiasme à ta proposition : voilà de belle et bonne dialectique, et clairement formulée. Compte sur moi pour faire connaître ton texte, dans la modeste mesure de mes moyens ! Cordialement Abraham Bengio
Commentaire n°4 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h39
Bonjour, Vous me demandez de vous répondre. Mon avis n'a d'autre valeur que celle d'un particulier. Ayant oui dans mon enfance l'auvergnat maternel. Habitant en Aquitaine où le gascon était encore parlé à mon mariage en 1956. J'aime entendre parler, chanter ou conter en gascon. Mais dans le gascon, chantant, harmonieux, plaisant. Dont on ne comprend que quelques mots, mais cela laisse la place au rêve. Oui, trois fois oui, les langues sont le patrimoine national. Non, trois fois non, ceux qui les pratiquent et les vantent n'en sont pas les propriétaires. Ils ne sont pas, non plus propriétaires d'une région, de notre espace, de notre mode de vie. Comme tous les intégrismes, celui-ci devient odieux. Il conduit à tous les excès. Panneaux bi-lingue pour affirmer une identité qui ne représente plus qu'un fraction de la population. C'est aussi la preuve d'un renfermement, d'une radicalité qui pousse a prôner l'émergence d'une langue nouvelle sensée rassembler les parlers locaux. C'est le cas de l'occitan que l'on oppose au Gascon, au Béarnais, à l'Auvernat, au Provençal et j'en passe. Dans une société ouverte comme la notre actuellement qui en un bon demi siècle à vu les populations se mettre en mouvement actif. Ces langues locales n'ont plus de territoires, elles ne sont plus facteur d'unité, de compréhension. Il ne faut pas qu'elles deviennent des barrières, elles y perdraient leur âme. A mon simple avis d'ignare, je crois qu'elles doivent continuer à nous faire rêver. A écouter un poème, un chant, à lire un texte dans cette langue que parlaient nos grands mères ou les super ou ultra mamies, ne laisse aucun de ceux qui ont eu cette chance d'en avoir, indifférents. Salut. André COCHET Lamagnon
Commentaire n°5 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h39
Sicre à M Cochet

Merci de votre lettre. J'espère que le débat sur notre blog répondra à vos questions et vous permettra de défendre vos opinions. Salutations.
Réponse de Carrefour Culturel Arnaud Bernard le 21/07/2008 à 11h06
Cette formulation dernière "renvoyant régionalistes autonomistes et centralistes aux extrêmes." ? Elle me semble être du même tonneau que ceux que tu désires rejeter aux extrêmes. Méfies-toi de ce que nous propose notre violence inconsciente qui là toujours aux aguets. Je pense à Mélenchon qui stigmatise le "complot etniciste" (sic) et qui appartient au Grand Orient de France... No coment. Lo ton, Sèrgi Javaloyès
Commentaire n°6 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h41
Intéressant, mais ces idées soulèvent beaucoup de questions: Comment organiser tout cela: une ouverture à toutes les langues de France (en plus d'un enseignement de qualité de la langue du territoire habité) en plus de l'étude du Français, de l'Anglais. Comment mettre en place ces enseignements quand on voit que les heures pour les choses culturelles dans les écoles diminuent? Est ce que cela ne va pas se traduire par quelques hueres de survol des cultures de France qui ne changeront pas grand chose? N'est-t-il pas meilleur d'approfondir la connaissance de sa propre culture et de regarder le monde (toutes les autres cultures) depuis ces bases? Pourquoi faire connaissance plus en profondeur avec la culture Bretonne ou Flamande mais pas avec la culture Catalane seulement parce que nous somme dans le même "pays" alors que les Catalans sont nos voisins. L'échelle où se jouent les choses à l'heure actuelle n'est-elle pas l'échelle européenne? Est ce qu'on ne va pas avouer un jour que les frontières qui nous entourent n'ont aucun sens, je pense notemment au pays Basque ou à l'Occitanie qui se retrouvent découpés entre plusieurs pays... Beaucoup de questions mais étant donnée la situation actuelle du pays, votre approche semble être la plus raisonable! Ben coralament, Florenç dau Palis
Commentaire n°7 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h41
 CSicre à Florent Charras
Merci de votre lettre. À vos questions je réponds:

1.impossible de bien comprendre la culture française sans avoir quelques notions de ce que sont la langue/culture occitane, bretonne, etc.

 2.impossible de bien comprendre la langue/culture occitane (bretonne, etc) sans savoir quelles influences a eu sur elles la langue/culture/nation française.

3.il est plus facile, simple et économique d'organiser des études intelligentes (montrant ces histoires d'influences) que de monologuer dans une « culture », dont l'unité est un mythe, pour aller voir les autres après.

4.Ce n'est pas l'Europe qui a déterminé le problème français du rapport aux langues-cultures, mais bien la monarchie et les républiques françaises. Comment guerir ce problème sans connaitre d'où vient le mal en profondeur?

5.L'Europe est aujourd'hui celle des États, et, concernant les langues/cultures, c'est l'État qui décide, même dans les instances européennes. C'est donc lui qu'il faut transformer sur ces questions.
Réponse de Carrefour Culturel Arnaud Bernard le 21/07/2008 à 11h04
A Claudi e al Caireforc Cultural Arnaud Bernat Adieusiatz! Sur le fond: Le président de la FELCO a preparé des commentaires sur la "nationalisation des langues" qui ont reçu l'assentiment du bureau de l'association. Ce texte devrait vous parvenir prochainement. Il ne fait pas le tour de la question mais il doit être lu comme une contribution au débat. Nous sommes tous très pris par nos activités de terrain et, bien que celà soit nécessaire, il est très difficile de prendre du temps pour approfondir la réflexion. Sur la forme: Beaucoup de militants culturels occitanistes se reconnaissent actuellement, à tort certainement, sous l'appellation de "régionalistes", sans pour autant d'ailleurs l'être au sens politique du terme, par manque de réflexion plus approfondie. Certes, il faut faire évoluer les choses et le travail du Forom y contribue. Mais ces militants se sentent incompris, voire même agressés, par les positions du Carrefour. L'insistance avec laquelle on leur dit qu'il n'ont rien compris est néfaste. C'est embêtant pour recueillir leur adhésion et même pour les inciter à réfléchir plus avant à la question. Deux choses qui me sembleraient utiles: - pour être mieux compris, exemplifier les idées de la "Proposition de Nationalisation" et ébaucher des mesures concrètes pour leur mise en oeuvre sur le terrain. - proposer une rencontre spécifique aux "grandes" associations culturelles de promotion de l'occitan (IEO, FELCO, Calandretas) pour débattre de celà. A lèu, coralament, Daidièr
Commentaire n°8 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h42
Csicre à Didier Agar

1)Assentiment : très bien.

2)« Manque de reflexion » dis-tu. C'est exactement :
a) ce que nous disons, et pourquoi, dis-tu, ils se sentent agresser
b) ce que nous proposons de guerrir, par le lancement de ce débat

3) « agressés »
a) on aime tout le monde, on reconnait le travail de tous;
b) le débat, c'est aussi parfois « les vexations ». La vexation c'est quand la vanité est bléssée. N'y a-t-il pas beaucoup de « vanité » dans les propos occitano-régionaliste de beaucoup, depuis longtemps ? Relisons les articles, les prises de positions. Nous pouvons proposer de ressortir les vieux articles de tous et de chacun et de les mettre en ligne : gare à l'autovexation
c) c'est mieux les petits froissement d'égo dans les débats que dans les guerres civiles, non ?

4) « embêtant pour recueillir leur adhésion »
a) moi je veux « recueillir l'adhésion » de personne : je veux faire réfléchir. Je vends rien, je revends rien, je revendique rien. Je prends pas de cotisation;
b) ces militants ne sont pas « incompris » leur position tient le haut du pavé dans l'occitanisme, et pour le reste (idées générales) ils partagent souvent les clichés du plus grand nombre sur à peu près tous les sujets, sûr qu'ils sont « solidaires d'un monde équitable dans une société durable où nous serons tous citoyens à part entière dans la diversité et le respect de blablabla ») avec une profonde « francité » dont ils ne sont pas conscients ( comme ils regardent le monde avec des lunettes françaises, mais qu'ils savent pas qu'ils en portent, et qu'ils font qulques séjours exotiques à l'étranger, ils se croient désaliénés là où ils le sont le plus). C'est notre travail qui est mal compris, par des gens qui ne vont pas lire Castan, ni Meschonnic, ni Benveniste, ni Hélias, ni etc. etc. mais qui veulent quand même parler de politique culturelle et être des intellectuels. On se plaint pas d'être mal compris, on le dit c'est tout. Et on travaille à être mieux compris en bousculant, on a essayé tous les autres moyens, pas de réponses. Que ces gens viennent à Larrazet en Novembre ! (journées Castan) Qu'ils viennent aux journées GFEN sur la décentralisation ! On les accueillera avec le plus grand plaisir. On les aime bien tous, quand même, mais faut pousser. Je sais que tu bouscules toi aussi souvent. Merci pour ta participation. A bientôt . AMISTATS.


CSicre (suite2)

je relis et vois que j'ai pas repondu à tes deux derniers points (exemplifier les idées de la "Proposition" + "proposer rencontres concrètes". J'ai répondu à Serge Carles qui demandaient des choses similaires. J'ai lu la contribution de Martel, je réponds.

5) « Exemplifier »
a) j'espère que ce néologisme ne vient pas de l'occitan;
b) oui, certe, faisons le, tous.
c) y a beaucoup d'exemples à tirer de tous ce qui a déjà été écris, même si c'était pas écrit, même si c'était pas écrit dans le concept/cadre de nationalisation (à nous de l'y mettre) - Suzanne Citron, pour l'histoire, (mais aussi Martel et d'autres) (voir ce que Suzanne nous répons par mail). - Castan, quand même, non Et beaucoup d'écrivains/ théoriciens occitaniste (et même aussi d'ailleurs). Chez nous, aussi : la Linha Imaginot, depuis 1990, ça vous dit rien ? et perso, j'ai écrit ailleurs.

Alors bravo DAÏDIER si t'as le temps argumente directement toi sur les arguments du texte.
CS
Réponse de Carrefour Culturel Arnaud Bernard le 21/07/2008 à 11h15
Alain Badiou a des choses à te dire. Moi, je ne suis pas concerné, je ne suis pas français. Alain Badiou get thinks to say to you. Me, i'm not concerned, i'm not french. Regards to collaboration (with Sarko-Baylet-Cohen-Mélenchon). Vòli
Commentaire n°9 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h48
Bonjour, j'espère avoir l'occasion de dire un jour ces choses avec plus de détail et d'organisation dans l'argumentation, mais je saisis l'autorisation qui m'est donnée d'être bref. Je ne pense pas que l'idée de " nationalisation de l'occitan " soit une bonne idée. Je passe sur les connotations vieille gauche étatique du mot "nationalisation ". On pensera à la Seita finalement vendue pour être dépecée ou au Crédit Lyonnais. Certes il y a des nationalisées qui rapportent : EDF, SNCF... mais elles n'axent pas leur discours et ne centrent pas leur image sur leur caractère nationalisé. L'occitan est une langue territoriale. Ça ne veut pas dire qu'il soit exclusivement lié à la terre et réservé à d'hypothétiques " autochtones ", né de la terre comme des champignons (chtoon : la terre). Cela signifie qu'il s'est formé en un lieu vaste dans un groupe humain (composite et ouvert bien sûr, en droit en tous cas), dans une histoire spécifique, avec des voisins (aimés et haïs) spécifiques, en relation avec un ensemble de paysages, de productions et de météorologies. Dans la situation catastrophique de la langue occitane aujourd'hui, l'occitanisme (comme je le comprends) lit aussi une dépossession politique. Il ne s'agit pas de tenir un discours de pures victimes, les Occitans (les élites occitanes d'abord, diversement) ont largement consenti à leur subordination. Il s'agit seulement de poser que la réaffirmation culturelle peut accompagner, précéder ou compléter, une (re)prise de responsabilité et d'ambition. Une déprovincialisation (ou une " dérégionalisation " si comme souvent "Région(s) " veut dire " Province "). Un détail symbolique : où ailleurs qu'en France est-il imaginable qu'il y ait débat pour savoir si la tête de Jules César peut rester à Arles ou doit aller au Louvre ? Où on organise le désert et le trop plein... Pour l'occitan et la culture occitane, je revendique le principe (européen) de subsidiarité. Il faut une prise en compte locale par les communes etc. L'occitan comença al vilatge (mas s'i acaba pas !).. Il faut au centre du dispositif une action coordonée (inter)régionale. Enfin l'État doit jouer aussi son rôle, d'abord en reconnaissant par la loi, et par la Constitution si possible, les " langues régionales ". L'occitan est aussi une langue européenne une langue qui a fait (littéralement et littérairement) de l'Europe, et peut en faire encore. Je trouve totalement à contretemps et à contre-emploi le réinvestissement emphatique de la notion de Nation. Le mot a été assez innocent dans ses origines, variable et relatif (nationes, gentes, ethnoi, goyim), du moins il désignait plutôt les autres (ce qui n'était pas, ceux qui n'étaient pas le populus politique justement (et donc romain) : les barbares). La Nation s'est absolutisé en désignant une articulation exclusive du politique et du culturel (dans la version " française " par assimilation, dans la version " allemande " par unification et éventuellement expansion). Tout l'enjeu est de faire une constructio politique complexe, comportant des appartenances étagées, politique et culturelles, et pas d'absolutisation ou de fanatisation sur un niveau (occitan, gascon ou français, ou européen...) Un des risques de la nationalisation, comme de toute la citoyenneté " à la Française " est de dispenser de s'occuper nous même (aussi) de notre langue. Si c'est nationalisé on peut déchirer les banquettes et laisser traîner des papiers gras, l'Etat s'en occupera. On peut dire " le patois se perd " (tout seul...) mais l'Ecole de la République et le Ministère de la Culture (et pourquoi pas l'Académise française...) vont le sauver pour nous. La citoyenneté et le civisme ce n'est pas seulement envoyer un député à Paris ou voter (mal) à un référendum. C'est gérer ses affaires, sa ville, sa région, sa langue. En començar per la parlar e l'escriure, çò qu'ai benlèu agut lo tòrt de far pas per un còp. Mer permeti de jónherla responsa que faguèri ieu… Patric PS apondque lo tèrme « lengas indigènas » endefòra del « private joke » d’autoderision, es insuportable… Amistats Patric Sauzet
Commentaire n°10 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h49
Bonjour bonjour, Ravie de voir que le Forom a été une réussite, (j'en ai eu de bons échos) et de ces belles avancées, pourvu qu'elles se poursuivent ! Je trouve la proposition trés bien pour ma part. La seule petite chose à la limite que je trouverais interessant de mettre en annexe, serait votre point de vue sur comment pourrait être envisagée cette éducation aux langues et cultures de France et quelles langues/cultures ça concerne. (des exemples en somme) En fait, je voulais voir comment vous envisagiez la chose en pratique, parce que c'est une question trés interessante qui laisse ouvertes un grand nombre de possibilités. C'est une proposition qu'il serait finalement tout aussi délicat de mettre en place qu'il est aujourd'hui de la défendre. En imaginant comment ça pourrait être envisagé, je me suis mise à penser à ce qui a été tenté en Grande Bretagne dans le cadre des programmes scolaires visant à lutter contre le racisme. Ils ont mis en place des cours avec des intervenants spéciaux qui parlaient de ce qui fait la richesse de la Grande Bretagne, à savoir sa diversité, et donc parlaient des différentes minorités ethniques, leurs religions, traditions, histoire, etc... Au delà du côté forcémént un peu caricatural de ces enseignements, je trouvais ça assez interessant. Les établissements scolaires ont développé différentes actions selon leur spécificités et leur situation vis à vis de cette question, en faisant travailler les élèves sur des exposés, des sorties,... Bref, c'est une question qui m'interesse, alors si vous avez des éléments de réponse, des points de vue, des exemples, j'aime bien allier la théorie à une idée de ce que ça pourrait être "en pratique". Voila voila, A bientôt cet été, Toulouse me manque un peu... Lise Benard
Commentaire n°11 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h50
'ai lu attentivement les textes joints et j'adhère totalement à cette idée géniale et généreuse d'une nationalisation des langues de France. J'assistai l'an dernier au Forom et j'ai entendu pour la première fois Claude Sicre développer cette idée. J'ai été tout de suite convaincu. Telle est en effet la solution et il faut la faire connaître. J'ai été consterné aujourd'hui d'apprendre que le Sénat venait de rejeter la décision de l'Assemblée nationale. J'ai aussi entendu les élucubrations du sénateur Mélenchon. Enfin l'Académie française, cette police de la langue, s'est montrée égale à elle-même. Il y a encore une épaisse gangue autour de cette idée-pépite et pas mal de boulot pour la dégager. Mais on y arrivera, macarèl ! Bon courage à nous tous... JC Drouilhet
Commentaire n°12 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h51
Oui l'interview de C. Albanel est une véritable avancée. Oui l'idée d'une nationalisation pluriculturelle et plurilingue est une piste à suivre et à discuter par et avec TOUS ceux qui sont concernés par les langues de France. Mais quid de la nouvelle situation créée par la position négative du Sénat et la grotesque intervention “unanime” de l’Académie française sue l’unité menacée? ALLEZ-VOUS PROTESTER??? Amitiés à tous Suzanne Citron
Commentaire n°13 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h52
Amics cars, Je ne peux pas répondre longuement comme il le faudrait devant partir demain matin. Le textes "les conséquences d'un choix" représente une explicitation supplémentaire tout à fait intéressante de la "nationalisation". Mon questionnement : Comment faire avancer ces idées ou du moins le débat nécessaire autour de ces idées dans les principales composantes de la m ouvance occitane, notamment IEO, FELCO, Calandretas sans exclure personne d'autre d'ailleurs. Leur faire parvenir ces textes et leur demander de ce positionner, on l'a vu, ne suffit pas. Le Carrefour devrait-il réfléchir à organiser une journée de débat préparée avec ces partenaires, recherchant avec eux les modalités ? C'est à la fois nécessaire tant sont nombreux les faux procés de ces MM. Mélanchons et autres et aussi difficile dans les calendriers des uns et des autres. Mais cela nous serait certainement utile dans le débat national qui est bien là actuellement avec l'amendement de la constitution. Sèrgi Carles
Commentaire n°14 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h53
Salut Claude, Si j'ai bien compris le sens que tu donnes au terme "nationaliser" les langues de France, c'est ce qu'ont proposé et voté à l'unanimité moins une voix les députés, or les sénateurs ont rejeté cette proposition, ce qui entraine sa reformulation et modifie sa place dans la bible de la nation qu'est la constitution. Comment réagis-tu à ce refus? Quand au vieux débat Nation - Région il me parait obsolète ou seulement le fait de gens d'un bord comme de l'autre, paranoiaques et déraisonnables. Qui peut encore croire que la reconnaissance des langues "indigènes", va porter atteinte à l'unité nationale ou que la France pourrait devenir une république fédérale? Peu importe que l'occitan, le breton, l'alsacien etc...soient nationaux ou régionaux, ce qui me parait le plus important c'est qu'ils soient enseignés, pratiqués, parlés et qu'ils prennent leur place légitime dans la vie quotidienne. Qu'est d'ailleurs devenu le terme "Langue de france" qui semblait avoir la côte il y a peu, il me parait être tout à fait "national". Bien amicalement Jean-Jacques
Commentaire n°15 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h54
Bonsoir, sur votre proposition riche d'éléments qui ne peut que contribuer à faire avancer les choses, il me semble qu'il serait plus efficace de mettre en sous-titre quelque chose comme: "Une troisième voie?" Je modifierai certaines tournures: ainsi dans le premier alinéa "pour faire que l'État se désengage" > "amener l'Etat à se désengager" (ce n'est pas qu'une question de style); je préférerai "de façon indélébile" à l'adverbe qui offense mon oreille (broutille certes...). De façon générale j'atténuerai le ton car un lecteur braqué est un lecteur perdu. Mais à vrai dire tout dépend du "lectorat" que vous visez. Avec mes plus cordiales salutations, Dominique Billy
Commentaire n°16 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h56
Sicre à D. Billy
Mr Billy,
Merci de votre courriel, de vos encouragements et de vos remarques - « 3e voie »: nous reprendrons cette idée. D'accord pour « amener l'État ». D'accord pour « de façon ». Atténuer le ton, j'hésite: à force d'atténuer pour faire plaisir à l'un ou l'autre, la question ne se tranche jamais, et les débats deviennent parfois très violents tout-à-fait hors de propos. Certains qui, autour de moi, me conseillent d'être moins vif ne se souviennent pas qu'eux-mêmes ne m'ont écouté, et entendu, que quand j'étais vif. Mais vous avez peut-être raison, à partir de maintenant. Salutations rengraçantes.
CS
Réponse de Carrefour Culturel Arnaud Bernard le 21/07/2008 à 11h10
Bonjour monsieur, Votre courriel a retenu toute mon attention ; je transmets au Felibrige, qui de son côté a réagi vivement et à sa façon, à la défense de nos langues et cultures de France, sujet qui nous tient particulièrement à cœur. M.N. Dupuis, Sendi Felibrige de Lengadò
Commentaire n°17 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h57
le bonjour à toutes et à tous du côté de Toulouse! je suis à 200 pour cent d'accord avec cette pensée et cette vision des choses, c'est exactement notre axe avec Mauresca fracàs dub, depuis presque 10 ans de barrutlatges et sound system, d'écriture et de créations, je fais tourner le mail et la reflexion, qui mérite, c'est sûr, un écho bien plus large! chab.
Commentaire n°18 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h57
Cher Claude, Je suis vraiment très enthousiaste pour cette idée que tu défends reprise par la Ministre. Je crois en effet que cette manière de revisiter ce sujet en faisant des langues ce qui fait "lien" entre tous les français (avec cette volonté de "nationaliser") et en articulant enfin la question de l'unité avec celle de la pluralité correspond à une réalité, celle de la France d'aujourd'hui. Surtout, ce regard sur les langues permet de renvoyer aux extrèmes les "extrémistes" sur ce sujet qui avait de fait confisqué ce sujet. En revanche, la position de l'Acdamie Française et celle du Sénat doit nous inciter à la pridence. Le combat n'est pas gagné mais il mérite d'être engagé. A bientôt Frédéric Callens
Commentaire n°19 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h58
Bonsoir, Bravo ! Vous exprimez à la perfection ce que l'Observatoire européen du plurilinguisme a voulu dire dans la Charte européenne du plurilinguisme dans l'article consacré aux langues régionales et minoritaires. Le plurilinguisme ne se divise pas ! Au plaisir.. Christian Tremblay Président de l'OEP
Commentaire n°20 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h59
Monsieur, Vous avez souhaité attirer mon attention concernant la décision du Senat de supprimer l’inscription de la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. Déplorant le conservatisme exacerbé de la majorité des sénateurs, j’étudierai attentivement le projet d’un amendement, présenté par des collègues, pour contrer cette suppression, lors de la deuxième lecture du texte sur la réforme des institutions et rétablir le principe de la reconnaissance de nos langues régionales. Mercredi dernier, la majorité des sénateurs UMP avec d’autres élus de la « Haute-Assemblée », ont décidé d’adopter l’amendement supprimant la référence aux langues régionales, ajoutée au texte, à la quasi-unanimité, par les députés. Croyez bien que je regrette sincèrement leur décision ainsi que le commentaire inadapté de certains membres de l’Académie française sur notre initiative tant attendue par une majorité de nos concitoyens. Restant à votre disposition, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur, mes sincères salutations. Gisèle BIEMOURET Députée Vice-présidente du Conseil Général
Commentaire n°21 posté par CCAB le 21/07/2008 à 08h59
Bonjour aux amis de la Linha Imaginot, Bravo pour cette belle position… Je vous soutiens de tout cœur dans votre démarche. On a toujours besoin d'une utopie porteuse : cette idée si bien exprimée ici n'est pas qu'utopique, précisément. Belle leçon, en effet, aux chapelles diverses, cher Claude Sicre… Très cordialement, Eddy Schepens Prof au Conservatoire Sup de Lyon et au Cefedem Rhône-Alpes
Commentaire n°22 posté par CCAB le 21/07/2008 à 09h00
Car Claudì, Tout d'abord je n'ai pas partagé l'enthousiasme de beaucoup pour la formulation "les langues régionales etc..." proposée comme modification à la constitution. 1) L'idéologie centraliste qui dit : "Une France une politiquement et culturellement une" traverse toute la constitution, et ce depuis l'article 2. 2) Nous, nous disons "politiquement une et culturellement plurielle". Là où le centralisme, par exemple, confond en Paris capitale politique et capitale culturelle, nous défendons Paris capitale politique mais Marseille, Toulouse, Strasbourg, Pointe-à-Pitre, Lyon etc... ont vocation elles aussi à être des capitales culturelles. 3) La formulation langue "régionale" confirme l'article 2 en inventant une hiérarchie des langues que toute la linguistique conteste. Cette formulation est l'arme la plus efficace de nos adversaires. Sans le savoir le Sénat nous a mieux défendu que nous. Une langue est une langue, tout court pas d'adjectif, et chaque fois qu'un homme parle il parle une langue (pas d'adjectif.) Ensuite je défends ta proposition de nationalisation des langues de France. C'est parce que les oeuvres réalisées dans les langues/cultures de France ont dû critiquer l'unitarisme pour s'affirmer qu'elles ont finalement synthétisé contre lui (par exemple la littérature en langue occitane) une analyse et des pratiques. Or en France l'absence de pôles de débats, de capitales culturelles est telle qu'on en vient à croire à "un degré neutre de la pensée" ou se plaindre d'"une pensée unique". Dès lors une diffusion et critique à échelle nationale de ces oeuvres qui questionnent les pratiques et l'idéologie centraliste, pluralise notre histoire et par le jeu des tendances et confrontations remet en recherche la France. Enfin je défends aussi la "Déclaration des devoirs envers les langues et le langage" de Henri Meschonnic, et je pense : 1) qu'il faut y accentuer l'analyse de ce qu'est un poème : a) dans sa continuité avec les discours dits "quotidiens"; il y a poème chaque fois que par notre discours nous nous inventons parce qu'il fait plus que nous ne savons en dire, bref suggère; chaque fois que le sujet s'invente, et donc nous invente, en tant que sujet; et cette situation de création dans le discours se rencontre au quotidien. b) le poète publie des poèmes : des discours qui font entendre ce qu'est un poème, chaque fois qu'on en rencontre. c) l'enjeu étant de faire entendre en réponse à l'extraordinaire inutilité du poète pour l'idéologie, que ce qu'une société fait du poème dit ce qu'elle fait du sujet. 2) qu'il faut nous associer par exemple à la Biennale Internationale des Poètes, aux Rencontres Internationales des Ateliers d'Ecriture du GFEN, au Centre International de Recherches Transartistiques d'Uzeste, au Centre International de Poésie de Marseille, qui ne sont jamais appelés en soutien par les autres associations militant pour les langues, pour faire entendre cette déclaration et dans les réseaux liés à la création/les bruits parasites/le pédagogique/les perturbations pas propres & incontenables/l'artistique et auprès de l'UNESCO. 3) qu'il faut que nous travaillions avec des juristes (ce que tu tentes déjà de faire) pour cultiver le sujet juridique de ce discours d'une culture juridique plus pointue plus historique donc plus critique, donc plus à même d'être entendu par les juristes de l'UNESCO. 4) à une dernière proposition : je pense que la publication d'un livre réunissant ces deux propositions ("Nationalisation des langues"... et "Devoirs envers les langues"...) avec une préface coécrite par Ducom, Javaloyès, Sicre, Labatut, qui serait particulièrement bien diffusé par un éditeur (un peu comme "Quand les murs tombent" de Glissant-Chamoiseau) à un prix bas et en mettant le paquet sur la presse, permettrait de nous faire entendre nationalement. (Zaza est d'accord d'ailleurs.) Dab mis Amistats, Méryl Marchetti
Commentaire n°23 posté par CCAB le 21/07/2008 à 09h01
Moien alleguer, bon dia a tots, (especialament à Claudi) voici qques réactions au rebond de votre initiative: * je ne crois pas et n'ai jamais cru en une quelconque "intuition du peuple français"(ni d'aucun peuple d'ailleurs!). Cf ladite intuition dudit peuple pendant l'Occupation !... * je constate que la Ministre de la culture de ce gouvernement pitoyable parle bien mieux que nous-vous (je mets un trait d'union bien sûr). * Etymologiquement, je n'aime pas le mot "nationalisation" : je préfère de loin "*intégration dans le service public français*". * gardons-nous bien de nier plus avant l'environnement transfrontalier et européen de bien des langues (catalan et francique notamment). * nous avons raison de mettre sur un pied d'égalité toutes les langues et de n'en rejeter aucune quel que soit son statut - ou son non-statut ! * je n'aime pas les listes de hit-parade des seventies qui oublient systématiquement le francique et autres langues amies .... Frëndléch-coralament. Jo Nousse (Réseau 3R & chanteur de MANNIJO)
Commentaire n°24 posté par CCAB le 21/07/2008 à 09h02
Sicre à Jo Nousse

 1.Le terme de « nationalisation » m'a été soufflé, en plaisantant, par B. Cerquiligni, alors que je parlais de « généralisation à toute la France d'une éducation aux langues/cultures de France ». Je l'ai repris sérieusement parce que, justement, il fait référence à une démarche politique volontaire d' « intégration dans le service public français » comme tu dis si bien. Je pense qu'il faut garder les 2. « Nationalisation » pour frapper et faire réfléchir, « intégration etc » pour expliquer. Si tu en es d'accord, je reprendrai ta formule.

2.Tu as bien raison de réagir contre l'oubli de « francique » et « autres langues amies ». Au Forom, on n'oublie pas souvent, mais tu connais le débat, ouvrons-le plus à cette occasion.

Merci encore.
Réponse de Carrefour Culturel Arnaud Bernard le 21/07/2008 à 10h56
C'est très bien mais va falloir expliquer tout ça aux sénateurs qui n'ont pas compris apparemment. Et accessoirement à l'Académie française. EMERY Philippe ---------------------------------- Bravo au carrefour culturel Arnaud Bernard et à Claude Sicre pour ce travail de synthèse, clair précis que tous les Français pourront comprendre. Je vais de ce pas, le faire circuler à un maximum de personnes qui, elles mêmes pourront l'envoyer à d'autres. Souhaitons que ce travail d'analyse soit l'une des pierres futures qui feront de notre pays une nation plurielle, heureuse et intelligente. Voilà, la VRAI rupture dont la France a besoin ! PS : Vous avez trouvé les mots pour le dire, grâce à Jésus Sicre champion des anti-cuistres. Amistats Laurent Sinturel
Commentaire n°25 posté par CCAB le 21/07/2008 à 09h02
J’”AI TOUT LU ATTENTION LA DEUXIELME PAGE DE PROOSITION NE SOUVRE PAS MAISJ’AI REUSSIT BEN (ben vautier)
Commentaire n°26 posté par CCAB le 21/07/2008 à 09h03
Bonjour à vous, merci pour votre réflexion dont je relève surtout ce qui est souligné : [...]Les uns nient, au nom de l'unité nationale, toute pluralité culturelle interne (vantant la « diversité » pour le reste du monde) ; les autres, au nom de la « diversité » culturelle, en viennent à remettre en cause la solidarité nationale. Les uns et les autres ont quelques chose en commun : ils confondent l'ordre culturel et l'ordre politique (« une nation, une langue ») (comme autrefois « un royaume, une religion »),et savent si peu ce que la langue est à la pensée qu'ils placent la culture et les oeuvres derrière la langue de communication. Je ne peux qu'être d'accord entre autres avec l'idée qu'une langue excède la "communication". Et pour extrapoler, aucune langue au monde (hormis celles qui sont fabriquées de toutes pièces et, dans ce sens, ne peuvent pas se prétendre langues) ne peut être considérée comme minoritaire selon un critère qui serait celui du nombre, sous prétexte qu'elle ne serve de "communication" qu'à très peu. Ceci pourrait peut-être éclairer par ailleurs certains rapports -souvent étroits-, qu'entretient le "régionalisme" avec ce que l'on appelle "minorité"... Cordialement, Pieretta Sakellariou membre CA d'Horizons grecs.
Commentaire n°27 posté par CCAB le 21/07/2008 à 09h04
Vous avez raison, vous pouvez compter sur mon soutien. Amitiés. Virginie Borgeaud Bigot
Commentaire n°28 posté par CCAB le 21/07/2008 à 09h04
Adissiatz los fabulous, je suis assez d'accord avec votre 3e proposition. Mais pour "nationaliser " les differentes langues indigènes, encore faut-il en reconnaitre l'existence dans la Constitution, ce que le sénat, me semble-t-il, vient de rejeter... coralament Elisabeth Coulouma, montpellier
Commentaire n°29 posté par CCAB le 21/07/2008 à 09h05
Monsieur, J’ai pris connaissance du courriel que vous avez bien voulu m’adresser concernant les langues régionales, et vous en remercie. Je tiens à vous assurer de tout l’intérêt que j’y porte. Les remarques notifiées dans ce dernier ont d’ailleurs retenu toute mon attention. Restant à votre disposition, je vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs. Charles de COURSON
Commentaire n°30 posté par CCAB le 21/07/2008 à 09h06
Salut Claude, J'ai lu (comme toujours) avec beaucoup d'intérêt ta/votre prose. Je me méfie des annonces ministérielles, car je ne suis pas prêt à croire sur parole une classe politique qui a prouvé, depuis trop de siècles, plus sa capacité à formater qu'à émanciper. Je suis par contre, tu le sais, toujours favorable par nature quand on essaie de secouer le cocotier des certitudes. Comme toi, je suis persuadé que le réveil de la multiculturalité enfouie est une richesse dont on n'a pas le droit de priver un être humain. En ce sens, la parité et le métissage assumés des cultures m'apparaissent comme les fondements d'une sociéte plus saine, moins violente, et - pour tout dire - plus savoureuse... Il faudra dire aux enfants les sources plurielles de leur(s) langue(s), mais aussi de leur(s) histoire(s), car les frontières qu'on nous présentent comme intagibles sont dérisoires au regard de la véridique complexité fluctuante de l'Histoire. En ce sens, je ne partage donc pas la fascination (que je crois lire dans tes lignes) pour une "Frânce" nouvelle politiquement unie. L'humble militant transnational que je suis, pense de plus en plus que "l'hexagonite" est une maladie infantile. Toutes les conventions théoriques étatiques forgées dans la contrainte et habillées par la suite d'un manteau de vertu, me semblent souvent pathétiques. L'Humanité crève sous le poids des drapeaux fictifs et ensanglantés. Je veux voir l'Autre tel qu'il est, sans schéma préétabli. Et l'Autre se révèle, du coup, souvent en moi-même. .../... Voilà, j'ai fais court, donc confus et frustrant. Je te laisse trier. Très amicalement, Gérard Onesta. PS : Sarko a parlé aujourd'hui devant moi dans l'hémicycle de Strasbourg de l'importance de la diversité des cultures. Dans sa bouche, je ne sais pas ce que ça veut dire. D'ailleurs je ne sais même pas si ça veut dire quelque chose.
Commentaire n°31 posté par CCAB le 21/07/2008 à 09h07
Communiqué de presse : Ainsi donc l'Académie française, qui n'est as le législateur, ni le constituant, s'oppose à l'inscription dans la constitution, des langues régionales comme "patrimoine de la nation", au motif que cette décision porterait atteinte à l'unité de la nation à la la place du français, langue de la République, et diviserait les français. J'ai beaucoup de respect pour Madame Hélène Carrère d'Encausse, Secrétaire Perpetuel. Je me permets de lui faire remarquer que les langues régionales, si elles sont défendues et promues avec intelligence, ne divisent pas, mais enrichissent la nation et notre communauté. Qui peut le nier? En quoi porter , sur une plaque de rue, à côté de la langue nationale, la dénomination en langue régionale, est-ce diviser ? En quoi l'utilisation des langues régionales à la télévision régionale, avec sous-titrage dans la langue nationale ou réciproquement, est-ce un facteur de division ? En quoi promouvoir, à l'école, la connaissance et la valorisation des langues régionales à côté de la langue nationale, est-ce diviser ? Et l'alsacien qui donne un accès facile à l'allemand, deuxième langue d'Europe après l'anglais, constitue de ce fait un facteur d'ouverture et de rayonnement de la France vers l'Europe Centrale. Non, je ne puis pas être d'accord avec cette vision réductrice. Unité n'est pas uniformité. L'unité et l'appartenance se renforce quand la diversité est reconnue. Personne n'a dit qu'il fallait que les circulaires ministérielles soient écrites en langue régionale. Oui pourquoi toujours voir des oppositions, pourquoi cette restriction ? On peut encore mieux servir la France, son unité, ses intérêts en reconnaissant clairement ce qui fait la richesse, ses traditions, son histoire et la réalité de ses territoires. Les alsaciens sont, dans leur immensse majorité, et il savent pourquoi, attachés tant à l'unité nationale et à la langue française qu'à la reconnaissance de leur identité régionale dont la langue constitue le soubassement naturel. Adrien Zeller Ancien Ministre Président du Conseil Régional Alsace
Commentaire n°32 posté par CCAB le 21/07/2008 à 09h08
C'est bien mais les sénateurs au contraire bloquent les évolutions... N'empêche: bravo et continuez! Rémy Pech
Commentaire n°33 posté par CCAB le 21/07/2008 à 09h13
Communiqué de presse : Ainsi donc l'Académie française, qui n'est as le législateur, ni le constituant, s'oppose à l'inscription dans la constitution, des langues régionales comme "patrimoine de la nation", au motif que cette décision porterait atteinte à l'unité de la nation à la la place du français, langue de la République, et diviserait les français. J'ai beaucoup de respect pour Madame Hélène Carrère d'Encausse, Secrétaire Perpetuel. Je me permets de lui faire remarquer que les langues régionales, si elles sont défendues et promues avec intelligence, ne divisent pas, mais enrichissent la nation et notre communauté. Qui peut le nier? En quoi porter , sur une plaque de rue, à côté de la langue nationale, la dénomination en langue régionale, est-ce diviser ? En quoi l'utilisation des langues régionales à la télévision régionale, avec sous-titrage dans la langue nationale ou réciproquement, est-ce un facteur de division ? En quoi promouvoir, à l'école, la connaissance et la valorisation des langues régionales à côté de la langue nationale, est-ce diviser ? Et l'alsacien qui donne un accès facile à l'allemand, deuxième langue d'Europe après l'anglais, constitue de ce fait un facteur d'ouverture et de rayonnement de la France vers l'Europe Centrale. Non, je ne puis pas être d'accord avec cette vision réductrice. Unité n'est pas uniformité. L'unité et l'appartenance se renforce quand la diversité est reconnue. Personne n'a dit qu'il fallait que les circulaires ministérielles soient écrites en langue régionale. Oui pourquoi toujours voir des oppositions, pourquoi cette restriction ? On peut encore mieux servir la France, son unité, ses intérêts en reconnaissant clairement ce qui fait la richesse, ses traditions, son histoire et la réalité de ses territoires. Les alsaciens sont, dans leur immensse majorité, et il savent pourquoi, attachés tant à l'unité nationale et à la langue française qu'à la reconnaissance de leur identité régionale dont la langue constitue le soubassement naturel. Adrien Zeller Ancien Ministre Président du Conseil Régional Alsace
Commentaire n°34 posté par CCAB le 21/07/2008 à 09h20
La nationalisation des langues est une imposture issue d'un esprit nationaliste français... veuillez ne pas m'informer de ce genres d'initiatives qui travaille à vouloir priver les peuples de leur propre destin Merci Daniel Périssé
Commentaire n°35 posté par CCAB le 21/07/2008 à 10h37
secrétariat et contacts : mjvb@wanadoo.fr – site internet http://creo-mp.totenoc.org/ Nous avons lu avec beaucoup d'intérêt la « proposition de nationalisation des langues cultures de France » qui nous a été adressée. - Nous sommes d'accord avec un certain nombre des choses qui sont dites dans le texte, notamment sur le nécessaire découplage entre la question des langues et cultures, et la question institutionnelle - régions, Europe, fédéralisme, etc. qui relève d'un autre débat dans lequel une association professionnelle comme la nôtre n'a pas vocation à intervenir. - Nous sommes d'accord avec la nécessité de diffuser sur l'ensemble français via l'école un savoir minimal sur la diversité française, et nous l'avons d'ailleurs proposé à maintes reprises à nos interlocuteurs ministériels, sans résultats appréciables d'ailleurs, soit dit en passant. Cela étant, cela n'implique pas nécessairement l'enseignement de toutes les langues (comme une lecture superficielle de la « proposition » pourrait le laisser croire), mais au moins la présence d'informations fiables et bien mises en relief sur l'existence de langues et cultures diverses, et la présence de textes, en traduction, faisant circuler partout en France le meilleur des productions littéraires des diverses cultures. - D'accord enfin sur le fait que pour défendre le français sur la scène internationale, il vaut mieux ne pas se mettre dans la situation de se voir opposer la façon dont on a refusé d'appliquer le mot d'ordre de la diversité à l'intérieur de l'hexagone. On n'insistera jamais assez sur le fait que langue « nationale » et langues « régionales » ne sont pas opposées mais complémentaires. Cela étant, quelques nuances : - Mettre en avant les « cultures » ne doit pas signifier faire passer les langues au second plan. C'est là depuis la loi Deixonne une des ruses favorites des adversaires des langues régionales pour limiter leur place au profit d'un « patrimoine » aux contours vagues facilement réduit au folklore dans le mauvais sens du mot ou au culte des vieilles pierres, des vieux costumes et des vieux meubles, voire des vieilles recettes de cuisine. Que Godolin soit le compatriote du cassoulet ne doit pas amener à faire passer le second avant le premier. - Il est juste de mettre l'accent sur la dialectique nécessaire entre cultures régionales et culture nationale; mais on n'oublie pas que ce que la culture nationale a emprunté, d'ailleurs sans le reconnaître, aux cultures régionales est somme toute réduit; Que l'occitan ait donné au français « aiguière » ou « jaloux » (pour « amour », contrairement à un mythe largement et complaisamment répandu, ce n'est pas sûr), et qu'il ait aussi beaucoup donné à l'argot ne constitue pas la preuve d'une quelconque symbiose entre les deux principales langues romanes de France. Pour ce qui est de l'apport des troubadours, il est minimisé en France depuis si longtemps que personne ne nous croit quand on en parle. - Quant à l'influence indéniable de la culture nationale, elle ne repose pas sur un échange réel, et un dialogue, mais sur l'adoption docile par bien des créateurs en langue régionale des modèles de la culture dominante, sans que les représentants de celle-ci le sachent, et sans d'ailleurs qu'ils s'en soucient. On reste donc prudent quand il s'agit de tirer argument d'un échange fondamentalement inégalitaire. - Et du coup, on ne se contente pas d'incriminer le « centralisme », l'«unitarisme » et autres grands concepts, mais on rappelle que le clivage entre culture nationale et cultures régionales est d'abord de nature sociale (culture des élites versus culture des gens de peu, des provinciaux, des « ploucs » repliés sur eux-mêmes dénoncés tout récemment encore dans les débats autour de l'actuelle réforme constitutionnelle. Faute de quoi on se condamne à demeurer dans le domaine des beaux sentiments et de la morale. - Enfin, quoique l'on pense de l'idée d'«Europe des régions » (et, une fois de plus, notre association, en tant que telle, n'a pas vocation à en penser quoi que ce soit), il faut quand même tenir compte du fait que l'univers connu ne se limite pas au territoire hexagonal, et que la culture occitane, comme les autres cultures «régionales » a aussi sa place dans un cadre plus large. Si circulation il doit y avoir, elle ne saurait s'arrêter aux frontières de la France. S'il est indispensable de répudier tout « petit nationalisme » local, ce n'est pas pour autant que l'on doit se couler dans le moule d'un « grand nationalisme » national. Il conviendrait donc que les rédacteurs de la « proposition » ne donnent pas l'impression de s'enfermer dans un cadre franco-français exclusif. Il nous paraît important d'avoir un débat entre nous sur ces questions. Felip Martel, President de la FELCO – 15 de junh de 2008
Commentaire n°36 posté par CCAB le 21/07/2008 à 15h55

Claude Sicre à Felip Martel pour le Felco

Merci de vouloir un débat et de l'entamer par un texte, c'est pas si fréquent.
Content que vous ayez vu un intérêt à cette proposition, que vous connaissez depuis plusieurs années (au moins 2001), et que vous manifestiez cet intérêt. Après :

1.je ne comprends pas sur quelles « choses » vous êtes « d'accord » sur ce que vous appelez « le nécessaire découplage », ça serait à préciser.
2.Très bien que vous soyez d'accord de diffuser « un savoir minimal sur la diversité française » cependant :

a) nous pensons que la notion de « diversité » est très mal choisie (voir notre texte de la proposition et nos articles récents (Les Temps modernes (N° 608, année 2000) / Altermed (édition Non Lieu, Association des Amis de Paris Montparnasse - 2007) / Préface de la Revue des Deux Rives – Europe / Maghreb N°4 : « Langues de  France et  français d'ailleurs »  éd L'Harmattan / Pour la pluralité contre la diversité, (revue du GFEN 2006) / ...)

b) Vous dites « l'avoir proposé à maintes reprises »; j'ai lu effectivement quelques phrases sur ce sujet (merci à Serge et à Didier) mais d'une grande timidité et qui montrent que pour vous l'essentiel n'est pas là. Vous faites, de ce qui est chez nous un concept préalable, un élément secondaire. Or nous sommes dans une bataille, où ce sont les concepts qui s'entrechoquent. Trois concepts :

    - L'unitarisme (pas de place en France – ou misérable – pour les langues/cultures de France)
    - Le régionalisme culturel : les langues/cultures régionales appartiennent aux régions de leurs « territoires » (et comme ces régions sont françaises, ces langues sont patrimoine national)

    Nous venons de voir que même sous cette forme lapidaire et qui n'engageait pas à grand chose, le refus est ferme.

- La « nationalisation ».

    Nous pensons que seul le concept de « nationalisation » comme nous l'expliquons, est
1.d'intérêt général ;
2.de taille à faire taire toutes (?) les hostilités (enfin la majorité...).

Mais pour cela, il faut :

que ce projet soit la figure de proue et le but principal de l'action ;
que ce soit l'action du plus grand nombre. Car quand Mélanchon parle de « danger pour la république » il s'appuie sur des discours réellement tenus, sur des revendications réellement posées par des militants occitans, basques, bretons, corses, alsaciens, catalans et d'autres. C'est pas vrai ?
(évident que les pouvoirs publics les mettent en avant, polémiquement ; mais si un discours radicalement contraire se faisait entendre ?)
Les seules hostilités qui peuvent demeurer, après ça, seraient celles de l'ignorance aggressive et des intérêts particuliers d'une caste qui profite de l'unitarisme centraliste (notamment des intellectuels et des gens de culture et d'éducation).

 

Parlons de la suite

 1) Mettre en avant les « cultures » ...
Pour que des gens aient envie de s'initier à une langue, il est nécessaire que cette langue bénéficie d'une aura culturelle, d'une utilité culturelle.
Puisque, pour des langues comme l'occitan, il n'y a plus d'utilité de communication, cette exigence est encore plus forte.
Mettre en avant la culture ne revient pas automatiquement à défendre le cassoulet et je ne vois pas qui parmi nous peut tomber dans ce panneau. C'est tout-au-contraire, ceux qui savent le rôle de la culture dans l'illustration des langues qui vont le plus loin dans la recherche culturelle, à la fois savante (c'est pourquoi Meschonnic au Forom des Langues), ouverte au plus grand nombre et parfois même recyclant les archaïsmes (j'ai montré la modernité transhistorique du gag du Hilh de puta) (pourquoi ne pas le travailler dans les classes bilingues ?)
Et, tout au contraire, c'est ceux qui défendent la langue la langue la langue qui, très souvent, font l'impasse sur les valeurs littéraires etc. À la place du cassoulet et des vieux costumes, la polka piqué du folk (très franco-unitariste, si vous savez pas), l'invocation de Boudou pour « sa langue » (combien savent le poser à côté de Faulkner ?), les bricolages historiques (cathares + trobadours + luttes paysannes + 1907 tout mélangé etc).

2) « Ce que la culture nationale a emprunté aux cultures régionales est somme toute réduit ».
On voit bien là toute la distance qui nous sépare :

a) « sans le reconnaître, d'ailleurs »
pour le « re-connaître », il faudrait qu'elle l'eut connu. Or la culture nationale ne sait pas. De petits arrangements des faits qui dérangeraient tel ou tel (homme, parti, gouvernement) en erreurs et quiproquos, la culture nationale a construit un système d'occultation sans le savoir.
Nous n'avons pas en face de nous des adversaires malins qui savent tout et veulent le cacher.
Nous n'avons pas d'adversaires en face de nous, mais des ignorants (sur ce sujet) qui croient bien faire (même l'abbé Grégoire).
A nous de leur montrer que l'histoire est autre, c'est notre rôle (et comment le montrer quand on ne le sait pas ?)
Et jusqu'à aujourd'hui, nous ne l'avons pas assez bien fait.
C'est nous les responsables. Nous ne sommes victimes de rien.


b) « jalous » etc

Ce n'est justement pas nous qui parlons systématiquement du vocabulaire occitan emprunté par le français, pourquoi ?
parce que les emprunts français à l'occitan, c'est beaucoup beaucoup ou pas grand'chose, selon la manière que l'on a de traiter l'histoire des langues : débat interessant pour la linguistique historique mais secondaire pour notre stratégie, à ce stade (on reprendra ce débat).
surtout, par dessus-tout, parce que nous savons qu'une langue c'est pas des mots, que ce sont les discours (et donc la culture) qui font les mots et pas les mots qui font les discours.

Avec Meschonnic, depuis 15 ans, on a Humboldt, Saussure, Benvéniste et autres chaque année au Forom de Langues.
Et c'est justement les maniaques de la langue qui systématiquement parlent des emprunts. Ils vont même plus loin, tellement ils sont dans « lalangue » : ils cherchent expressément les mots (ou les expressions, la syntaxe) les plus éloignés du français (croient-ils) pour se faire une identité.
Ce faisant ils oublient les oeuvres.
C'est une maladie à guérir.
(il n'y a pas que Castan qui disait le manque de critique, et aujourd'hui beaucoup sont
d'accord)


           3) Mais tout çà n'est pas le plus important.

Le plus important c'est de comprendre que la France (royaumes, nation, république) s'est construite – administrativement, politiquement, culturellement, artistiquement, intellectuellement – sur la ligne de l'unitarisme centraliste, dont la raison d'être ne s'explique que par le face-à-face permanent de l'Etat, quel qu'il soit, avec des pouvoirs périphériques, territorialisés (provinces, seigneurs féodaux, barons et princes, Etats « régionaux, pays, communes, corporations etc).
Ce n'est pas à un historien que je vais apprendre ça ! Du moins sur l'histoire politique. Tu as lu Citron, Elias, Tocqueville, Garrisson, Mirabeau autant que moi.
Mais il faut en tirer des conclusions aussi sur l'histoire des idées. Tout, en France, est vu à travers le prisme de l'unitarisme. Castan le montre bien. Et il faut le montrer plus encore, pour en finir, c'est-à-dire trouver une autre façon de voir, plus républicaine, plus démocratique, plus pluraliste.


a) « influence indéniable de la culture nationale »

il n'est pas question de savoir si l'échange a été inégalitaire, puisqu'il ne s'agissait pas d'échange (mouvement volontaire, réfléchi) mais de la construction – lancée par les pouvoirs royaux et républicains – de l'Etat français ; c'était le but, par la centralisation administrative, politique, économique et, aussi, intellectuelle et artistique. Auquel tous les français, à leur place et de leur place, ont contribué.
mesurer la contribution – souvent inconsciente – de tous est justement le travail qu'il faudra faire, qu'on n'a pas fait, et je ne vois pas comment mesurer aujourd'hui les différentes contributions. Mais je montre quelques pistes dans mes textes.


b) « grands concepts »

il y a là, inconsciemment bien sûr (tu ne veux agresser personne, j'en suis sûr) un certain « mépris » du travail de Castan ;
Castan, et nous, n'incriminons » pas ... le centralisme et l'unitarisme. Castan trouve (invente) les concepts de centralisme et d'unitarisme pour dire la situation, et pour identifier l'adversaire.
faudrait-il des « petits » concepts pour l'occitanisme ?
et puis cette phrase fait comme si « il y en avait assez » de parler de centralisme et d'unitarisme, ou d'en entendre parler. Mais où, quand, dans le mouvement occitan s'est-on penché sur ces concepts ? Qui, là, peut dire qu'il est « revenu » de Castan et de ses concepts, puisque c'est à peu près partout le silence sur ce travail, depuis 40 ans, et que je rencontre maints occitans qui avouent ne l'avoir jamais lu ? Ça s'entend, ça se voit.
c'est une ironie que de traiter ces concepts de « grands » pour les balayer d'un revers de plume ; je connais  d'unis, et même dans la Felco qui, era una vetz, n'hésitaient pas à discourir de « grands concepts » comme le colonialisme (normal ou intérieur), la nation (première ou secondaire), l'impérialisme français sur l'occitanie et autres. Parfois grands au sens de « grandiloquents ». Eh bien je dis qu'il fallait bien que certains en passent par là, merci à eux, par ces concepts, pour les essayer. Ces concepts se sont avérés peu pertinents. Il ne faut pas, du coup, laisser tomber la réflexion théorique (à la Felco, vous êtes des intellectuels, c'est votre rôle), il faut essayer d'autres concepts.


c) « clivages de nature sociale »

Le mouvement occitan (breton,corse,etc) n'est pas constitué de « gens de peu », mais majoritairement d'enseignants, d'animateurs, d'artistes, de paysans ou viticulteurs aisés, de profession libérales, d'employés modestes mais dans des métiers considérés (culture, loisir, tourisme, etc). C'est une « petite bourgeoisie », pas les « gueux- » des rêves occitano-révolutionnaires. Que cette petite-bourgeoisie parle – croit parler – au nom d'un peuple est une autre affaire. Arlette Laguiller parle pour le prolétatiat, aussi – Et, en dehors d'eux, personne pour se réclamer ou brandir l'étendart d'une quelconque « culture régionale ». Mais des corporations, des métiers, des groupes qui parlent de traditions, dans la multiplicité et la confusion, sans jamais opposer culture nationale et culture régionale : les chasseurs n'ont pas adhéré au parti occitan, ni les ant-ours, ni les pétanqueurs, ni les gitans d'Arles, ni les kabyles de Marseille, ni les ouvriers (ou chômeurs ouvriers) – portugais, algériens, roumains, bulgares, antillais, etc, etc – des ports, des usines, des entreprises de travaux, des commerces etc, etc -
Si clivages il y a, et lutte des classes, c'est plutôt là qu'il faut les chercher : les indigènes sud-français se sont, dans l'ensemble, « empetitebourgeoisés » (pour certain, très modestement, et il y en a pas-du-tout, certes, mais dans l'ensemble) (arrêtez-moi si vous croyez que je m'égare, je l'apprendrais avec plaisir), certains se sont bien « embourgeoisés' » tout court, et le prolétariat est majoritairement immigré ou d'origine immigrée. Que lui offre le mouvement occitan ? Je sais trop ce qui se passe chez moi (à Toulouse) pour ne pas prêter une attention très sérieuse aux propos, charitables ou gauchisants, du mouvement occitan à l'égard de l'immigration.
La volonté d'enracinement occitan est, parfois (je dis bien parfois, ne me faites pas dire ...), liée à des peurs face à l'immigration. Peur qui n'est pas anormale, mais qui doit être maîtrisée et quel discours/action le fait ?
Et il y a aussi les RMIstes de Paris, qui s'installent ici ou là (chez moi à St. Antonin, c'est eux qui font l'animation des cafés face aux petits propriétaires du coin, dont les enfants sont partis ... certains à Paris) Voilà peut-être un clivage social de plus non ?


d) on ne s'enferme pas en pensant la France.

On ne s'enferme pas en analysant ce qui nous enferme ; au contraire, on s'en délivre.
Comme on ne s'enferme pas en pensant la culture occitane, contrairement à ce que croient les centralistes. En pensant la culture occitane on re-pense la France et en re-pensant la France on pense mieux la culture occitane.
Ceux qui, se sentant à juste titre méprisé dans leur (ou celle qu'ils veulent leur) langue/culture, veulent faire l'économie de l'analyse, pensent « La France » au lieu de « La France centraliste » (et il y a de quoi confondre, il est vrai ; c'est un très gros effort que de vouloir re-penser / re-faire la France sans le centralisme mais y a t'il de grandes aventures historiques sans gros efforts ?), ceux qui « Puta França ! » (ça ditz lo Jacme), ceux là vont, à mon sens, s'enfermer dans des chimères qui renforcent le centralisme.

Contrairement aux apparences (l'illusion d'optique) nous n'opposons pas la stratégie anti-centraliste et une stratégie européenne. « Puta França » n'a qu'un rêve européen ; à notre sens, c'est lui (et plein d'autres) ceux qui voient tout-Europe et régions et basta la France (qui elle a un vrai pouvoir sur l'Europe). Et puis Europe, oui, mais il y a l'Algérie, qui compte peut-être plus dans certains domaines, etc (en matière culturelle/artistique, mes influences- et celles de beaucoup – sont souvent très loin de l'Europe : ça pose un problème, peut-être, vous croyez pas ?

Enfin je ne comprends pas du tout où tu vois la moindre trace de « nationalisme national » français dans mon texte. Le nationalisme, grand ou petit, vient de la non-pensée historique de la nation, au contraire. Je pense que les intellectuels occitanistes sont les plus à même de penser la France, contre le nationalisme français. Une nouvelle édition de la France autrement avec des contributions de F. Martel, d'historiens corses, bretons, antillais, etc ? Suzanne Citron, je sui sûr, en voudrait. Voilà un exemple de propositions concrètes que réclament Didier et Serge. Et une nouvelle histoire de la littérature française, s'appuyant sur les travaux des essayistes occitans, bretons, etc ? Y a tellement de pistes, quand on pense intéractions, que ça donne le vertige.

Non, nous ne sommes pas « hexagonitisés », nous qui organisons le Forom des Langues du Monde, Peuples et Musiques au Cinéma, qui vivons dans un quartier plein de langues et de voyageurs ; la pluralité est notre quotidien mais nous ne sommes pas victimes de la « diversité » pour noyer le poisson (la notion même de diversité est faite pour ça, comme je le montre dans mes textes cités au-dessus). Par exemple nous avons bien su, depuis 20 ans, illustrer la cause amazight. Et pour l'occitan, nous sommes d'accord avec Villemain qui pensait que « la France est assez grande pour avoir 2 littératures » (il voulait dire le Français et l'occitan). S'il faut rêver, à tout prendre, je préfère ce rêve-ci, plus fécond pour tous, à celui de l'occitanie autonome. Mais il m'arrive de me tromper.

Surtout, je ne veux pas avoir raison. Je m'en fous, d'avoir raison ou pas. Je me suis lancé en explorateur sur une piste nouvelle, j'y vois une jungle qu'on peut extriquer et changer  en un formidable terrain d'aventures poétiques, éthiques, civiques et politiques. J'ai fait mon boulot (et pour ce qui concerne mes oeuvres, c'est dans cette piste que je continuerai à oeuvrer), je m'arrête là : je ne veux pas devenir le héraut d'un nouveau mouvement. La Constitution, etc., nécessaire de donner son avis et c'est surtout pour les suites dans l'Éducation Nationale (+ les bibliothèques, les établissements publics etc) que c'est important de poser les choses. Pour la culture et les arts, les mentions constitutionnelles, les reconnaissances officielles et les subventions (nationales, régionales, etc.) n'ont jamais fait les oeuvres à la place des créateurs. Et c'est quand même là qu'en premièr, tout se joue.

Merci de m'avoir lu
À bientôt
Claude Sicre

Réponse de Carrefour Culturel Arnaud Bernard le 30/07/2008 à 18h00
Salut Claude et salut à tous au Forom, Je suis d'accord avec vos propositions en me méfiant toutefois du mot " nationalisation" à moins qu'il ne signifie " intégration totale dans le service public du pays". je constate toutefois qu'après le rejet par le Sénat d'inscire les langues régionales dans l'article 2 de la Constitution, on est entrain de nous le caser à l'article 72 sur les Collectivité Territoriales, ce qui laisserait à penser qu'encore une fois l'Etat se désengage et demande aux régions de trouver le financement de tout cela. voilà, à part ces restrictions, je soutiens complètement vos positions Amistats Joan Pau Verdier
Commentaire n°37 posté par Verdier Joan Pau le 21/07/2008 à 17h19
Adieu Claude, Il y'a vraiment quelque chose qui m'échappe dans ton explication a Philippe Martel, d'un côté tu fustiges les régionalistes de s'intéresser qu'a leur petit parçan, de l'autre, tu nous proposes un "repli identitaire" (allez tu vas me dire le terme est fort, mais tu connais mon style sur l'état français ? n'est ce pas antithétique, ne tombe tu pas dans l'attitude que tu reproches aux autres (même si la, c'est plus du régionalisme, mais du nationalisme français) Perso, en tant qu'anarcho indépendantiste, je considère que le monde m'appartient, je refuse de me laisser enfermer dans un cadre aussi étroit que celui d'une région de l'état français (comme dit plus haut je trouve ça limitatif) alors que le monde nous appartient Amistats Cedric
Commentaire n°38 posté par Cedric Rousseu, Jornaliste en lenga occitana le 06/08/2008 à 16h35
Adieu-siatz, Ensagèri de comprene la vòstra « proposition de nationalisation des langues de France », e reconeissi qu’o capitèri pas vertadierament. Pretendre que los jacobinistas e los que lutan contra lo jacobinisma se valon, aquò’s una mena de viroleta intelectuala fòrça biaissuda. Darrièr tot aquò, se pòt pasmens destriar una ràbia contra lo moviment occitanista que fa soscar. Vòli apondre mon vejaire, en fasent qualques remarcas : En çò vòstre l’occitan es gaireben completament absent. Quina evidéncia ! De segur, se pòt trapar qualques mòts : « escambiar », « capitada », « forom », que pareisson aici mai que mai per balhar una garantida d’autenticitat locala, coma d’unas ensenhas fachas per trapar lo torista (ex : lou paradou du cigalou). De segur, ne’n parlatz plan de las lengas minorizadas, que la lor mission : « est justement de guérir la France de sa maladie centraliste/unitariste, en tournant contre cette maladie les valeurs républicaines que la France leur a apprises et en les re-inventant », mas sempre en francès dins lo texte. E la lenga, ont es passada ? Es venguda virtuala, una lenga caucion qu'òm se’n pòt reclamar sens ne pas jamai usar. Cal dire que ne fasetz a prepaus de la lenga, de las lengas, mantunas lengas… Quant ? 80 al forom, mai encara ? Aquò rapela las 75 o 79 lengas officialament recensadas pel ministèri. Un patrimòni aital ! Lo mai se’n pòt trapar… Solide que per comunicar ren val pas lo francès. Quicòm mai fa pensament : la tiera dels vòstres sostens. L’Albanèla la primièra, polida mairina la ministra, afogada de la diversitat que parla de las « culturas-lengas » amb gaireben tant d’estambòrd coma vos... Encara qu’aquò l’empachèt pas de declarar lo 7 de mai a l’Assemblada : « La ratification de la Charte [de las lengas regionalas] implique la reconnaissance, qui n’est pas seulement symbolique, d’un droit imprescriptible de parler une langue régionale, notamment dans la sphère publique. Ce droit, qui figure explicitement dans son préambule, est, comme l’a souligné le Conseil [constitutional], contraire à des principes constitutionnels aussi fondamentaux que l’indivisibilité de la République, l’égalité devant la loi et l’unité du peuple français. » Quand ven serios, òm torna lèu als fondamentals. Avetz tamben ganhadas las felicitacions del president de l’OEP (« Bravo ! Vous exprimez à la perfection ce que l'Observatoire européen du plurilinguisme a voulu dire dans la Charte européenne du plurilinguisme dans l'article consacré aux langues régionales et minoritaires. Le plurilinguisme ne se divise pas ! »), sul siti del qual se pòt trapar aquela craca de las grandas : « La France déploie une action multiforme pour la sauvegarde et la promotion de la diversité culturelle dans le monde. Dirigée afin d'assurer la sauvegarde et la promition (sic) de la langue et des cultures francophones, son action bénéficie également à d'autres langues et cultures notamment dans le domaine du cinéma et de l'audiovisuel. » Causissètz plan los vòstres amics : solide que peson mai que los occitanistas peluts. Vos podetz ben trufar dels « cacaracàs subventionats ». Creguèri un brieu que la conclusion fumosa del libret del forom pòdia estre sonque de second gra : « … d’autres questions seront abordées : (…) la géo-politique culturelle du monde - Comment penser l’altérité ? Comment opposer, à la notion totalitaire de « diversité culturelle », la pratique de la pluralité ? -, LA PENSEE DE CE QUE C'EST QUE PENSER (es ieu que boti las majusculas) - une bataille perpétuelle, à la fois politique et éthique, contre les idées reçues dont nous sommes tous les victimes ». Mas non, era pas que de soscadissa farlabicada, çò que deguèt fòrça agradar al ministèri de la cultura : darrièr tot aquel fum, l’aleujança al monopòli del francès. Coralament, Laurenç
Commentaire n°39 posté par laurenç le 15/08/2008 à 21h46
merci de cette analyse, le mois de juillet a été chargé et je ne réussis qu'aujourd'hui à répondre aux courriels de la deuxieme semaine je trouve votre approche intéressante et à développer même si je ne me fais pas d'illusions sur les moyens d'approcher sur tout le territoire les langues de tous. la ministre nous a promis une loi, il serait intéressant donc que nous reprenions contact alors . En tous les cas, je reprends cette façon de voir , pourriez vous me dire si vous avez un doument M lebranchu
Commentaire n°40 posté par CCAB le 25/08/2008 à 13h29
Adieussiatz, Contunhi la conversa, emai crenti que siague pas qu’una parlada tot solet. « Monsieur Sicre, y a un type qui nous écrit dans une espèce d’espagnol… ». Tant pièg, contunhi. I avia ja agut la vòstra « déclaration des droits et devoirs envers les langues », mas aquela l’ai pas trobada enlòc sul oèb. L’assumissetz pas mai ? Aquò seria plan pecat, que l’associacion dels drechs e dels devers, tornada de mòda dempuèi qualques annadas, fasia salivar. Me siai doncas penjat melhor sus vòstra « proposition de nationalisation » (a de ressons del Conselh Nacional de la Resisténcia aquò) que vau ensajar de ne far la sintèsi : Dins nòstre exagòn, qu’es un espaci politic e istoric autarcica, tant perfach qu’armoniós, cada lenga/culture/identitat (LCI per far lèu) a sempre agut lo son ròtle de tenir. Plan segur, lo ròtle primier es a la carga de la LCI francèsa. Las autras LCI de França (« LCI indigènas »), mai que mai l’occitana, son aici per l’irrigar, l’abonir, la faire crèisser. Aquela polida respartida del trabalh, los jacobins l’an volguda copar. Mesclan tot aqueles : creson que l’establiment de l’òrdre e lo desrabatge de las LCI indigènas son ligats. An pas d’intencions marridas ça que la, puèi que son de republicans. Mancan d’explicacion, pas mai. E los regionalistas/autonomistas que se son colhonats en creire que i avia quicòm mai de possible… Que pegas ! Mas iara tot aquò es plan acabat ! Los occitans (amb los bretons, bascs, alsacians…) avem pus que d’anar portar lo vòstre lum e la nòstra lenga a l’Estat parisenc. Es qu’aquel Estat es una mèna de brava bruta qu’es a esperar qu’òm l’assabenta. Tocat per la gracia d’aquela revelacion, esmogut e mai estrambordat, se va desrevelhar còp sec e cridar Eureka ! Visca la diversitat (perdon, la pluralitat) ! Lo personal politic, la noblesa culturala parisenca, la tecnocracia, ne parlatz pas gaire : benlèu qu’existan, mas son pas qu’accesòris. Ren de veire amb lo pòble (qu’a l’intuicion qu’avetz rason) nimai l’Estat/Republica (qu’a de responsabilitats, que sa mission es de « liberar totas las imaginacions »). Òm se pòt pas perdre dins los detalhs quand òm a França a « tornar pensar ». Çò seriós es qu’aquela marana del centralisma faguèt fòrça mai dehalhs que çò que fasetz mina de creire. La volontat d’arancar la cultura populara tre l’enfança, l’impausicion d’una cultura elitista farlabicada, clavada, e lo mesprès de tota fòrma d’expression populara, mai que mai lo forabandiment de la lenga, an fach de França un desèrt cultural e identitari. I a mai que l’enfant d’imigrat que vòl pas saupre la cultura occitana. L’enfant d’occitan « d’origina » tampauc. Mas ambdòas vòlon pas tampauc saupre la cultura francèsa. Se’n foton. La vaqui l’exception culturala francèsa vertadièra : una mono-cultura artificiala, una cultura populara completament escanada, una aculturacion acabada. Una pèça laurada que l’a-cultura anglo-saxona a pus que de cobrir. Es l’òbra de l’Estat francès, o de la Republica, coma voletz. E lo sonatz al nom de sas responsabilitats ? Sabi pas consi ne sortirem, mas serà pas èl que nos va trobar la solucion. Benlèu que, per progression de l’inglès, la fin del monolingüisme es a se sarrar. Aquò poiria plan far tot petar… O alara l’inglès nos servirà de lausa. Fin finala, participatz a la meteissa nevròsi que la majèr part dels occitans : tre qu’es dich lo mot « Republica » vos vestissetz de sòldat. Lo masèl de quatòrze, la falordisa de la guèrra en Algeria, lo fracàs de l’urbanisacion de la annadas seissenta, la desertificacion… Ren vos farà pas lascar. Se faire tratar de marrit republican, puslèu crebar ! Rai d’aquò, Monsur Sicre, fasetz que vos plegar a un exercice que tots los elèits occitans s’i plegueron dempuèi lo temps del rei Cezet : anar far pata mineta a Paris per fins d’existir. Aquela desfacha, tratatz de la pintar en victoria. Cadun se’n tira coma pòt. Coralament, Laurenç
Commentaire n°41 posté par Laurenç le 03/09/2008 à 08h44
message de soutien aux écoles maternelles bretonnes menacées: ... à l'école, la République a le devoir d'apprendre aux enfants la langue de leur pays.Le breton devrait être appris en Bretagne dans toutes les écoles et etablissements du système éducatif.Et avoir une formation des maîtres appropriée à cet enseignement. Les langues régionales font partie du patrimoine de l'Humanité.Nous soutenons votre cause car elle est juste.Nous soutenons les enfants, les parents et leurs enseignants dans leur action de faire vivre leur école à Merville. C'est ce combat pacifique que nous menons, en Occitanie nous aussi pour notre langue et notre culture, en promouvant une république au service du peuple des pays d'Oc. per le Govern Provisori Occitan: Miquèu Aguilèra Président . www.gpo.identitat-d-oc.net
Commentaire n°42 posté par Aguilèra le 14/09/2008 à 11h24
Chers amis, Les palinodies et subtilités de madame Aubanel prêtent à sourire, du moins en Corse; les "langues régionales" ont été, depuis deux siècles, systématiquement combattues et déracinées par l'Etat français, centré historiquement sur l'homogénéisation linguistique de son territoire; l'inclusion dans la Constitution du "français, langue de la République" n'avait d'autre but que la défense du pré-carré français et la justification du refus de signer la "Charte européenne des langues minoritaires". Les contorsions actuelles ne peuvent masquer la position rétrograde de la France en Europe et dans le monde, dans ce domine spécifique; la langue anglaise caracole en tête avec 1 300 000 000 locuteurs et la France est au dessous du chiffre de 300 000 000; madame Aubanel ferait mieux de s'intéresser aux véritables raisons de ce décalage abyssal et de chercher les moyens d'y remédier au lieu de camper sur des attitudes figées que rien ne justifie si ce n'est la crainte obsidionale, infondée et sotte, de la disparition de la France et de sa culture. Les langues minorées n'ont pas d'autres chemins que lutte déterminée, coordonnée et solidaire, pour faire reconnaître leurs droits linguistiques et arracher l'un des attributs majeurs de leur identité. Cordialement Dr Edmond Simeoni
Commentaire n°43 posté par CCAB le 08/10/2008 à 14h53
Texte tiré du dictionnaire anglais: The Usage Panel should not be thought of as an academy empowered to rule on all questions of disputed usage. that is an expedient that the English-speaking world has rejected since the 18th century, when proposals by Defoe and Swift to establish an academy where roundly rebuffed as "unsuitable to the genius of a free nation," as Joseph Priestly put it. And in a world where English is established as the language of heterogeneous international community, the idea that any group or individual might arrogate the authority to fix standards seems not only illiberal but absurd.
Commentaire n°44 posté par CCAB le 10/10/2008 à 14h22
A mon avis, l'occitan, après l'établissement d'une langue littéraire unique, doit devenir l'une des deux langues officielles de la France et par conséquent son introduction dans l'enseignement (primaire, secondaire et universitaire) doit devenir obligatoire. Il faut arriver, avec le temps, à une situation similaire à celle de la Suisse car, comme disait Villemain, il y a plus de cent ans, dans son discours de littérature à la Sorbonne : "La France est assez riche pour avoir deux littératures", et par conséquent deux grandes langues de culture : le français et l'occitan.
L'occitan, étant donné son passé et son étendue, doit devenir langue commune de tout le territoire de la République, au même titre que le français.
A cet effet, de nombreux occitans doivent réapprendre leur langue, ou comme disait l'ancien Président du Conseil des Ministres, Edouard Daladier, né à Carpentras, en Provence : "Et li que l'an desoubliada, la lengua, faudra que la reaprengan".
En même temps, les français, c'est à dire les gens du Nord, doivent faire un effort considérable pour apprendre la langue de leurs concitoyens, ce qui n'est pas facile, mais réalisable. De cette manière, par la renaissance de l'occitan, la culture de la France, d'abord, et de la culture universelle, ensuite, s'enrichiront considérablement.

Mitu Grosu,
(Hamator, Jérusalem, 1987)
Commentaire n°45 posté par Mitu Grosu le 26/03/2009 à 17h30
Blogs are so interactive where we get lots of informative on any topics nice job keep it up !!
Commentaire n°46 posté par dissertation le 21/07/2009 à 12h23

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